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128 | La pauvreté au Sénégal et en Éthiopie
observable. Tel que le souligne Marcel Mauss, le corps est une expression de
l’être à part entière :
« Le corps est le premier et le plus naturel instrument de l’homme. Ou plus
exactement, sans parler d’instrument, le premier et le plus naturel objet
technique, et en même temps moyen technique, de l’homme, c’est son corps. »
(Mauss, 1950 : 372).
La photographie, lorsqu’elle est pratiquée comme méthode ethnographique,
c’est-à-dire lorsqu’elle est pensée comme un lien, une relation sociale entre soi et
le sujet, contribue à favoriser la connaissance anthropologique. L’approche
ethnographique développée place le photographe dans une sphère de
représentation ayant pour conséquence de le légitimer. C’est de cette légitimité,
résultant de la technique photographique et de la méthode d’approche du sujet,
dont dépendront la qualité de l’observation et donc la teneur des informations
recueillies. La pratique de la photographie s’inscrit désormais dans une relation
d’échange et constitue un lien avec le sujet établi sur une relation de confiance.
Ceci d’autant plus que la photographie comme support ethnographique présente
un intérêt lorsque le sujet est spontané et celui-ci ne peut l’être que s’il est
engagé dans une relation de confiance. Ainsi, un champ d’observation refusé à
« l’observateur commun » s’ouvre à l’anthropologue. Pensée dans un système
d’échange reposant sur une relation de qualité déterminée par la confiance, la
photographie devient un lien entre le photographe et son sujet et constitue une
approche anthropologique en tant qu’outil d’observation spécifique et privilégié :
la photographie advient un document ethnographique.
Ainsi, c’est la confiance accordée par le sujet et son entourage vis-à-vis de
l’ethno-photographe qui conditionne la qualité scientifique des images
photographiques. En effet, une photographie réussie et donc porteuse
d’informations ethnographiques sous-entend la confiance du sujet dans le travail
du photographe et donc l’acceptation de sa présence au sein de l’environnement
immédiat (sujet et relations de proximité) et de l’environnement au sens large
(présence dans le quartier, le village).
La technique photographique
Au sein d’une étude anthropologique, c’est le contexte de production et le
contenu informatif de l’image qui intéressent le chercheur. Le contenu informatif
du document dépend des choix et de la liberté de l’anthropologue de
photographier tout évènement caractéristique de la vie sociale. Afin de m’assurer
cette liberté d’action, la réalisation de repérages dans les quartiers qui font l’objet
de recherches s’est avérée être essentielle. Ces repérages consistent, dans un
premier temps, à prendre contact avec la population, puis dans un second temps,
à identifier les spécificités architecturales des quartiers retenus afin d’évaluer les
conditions de mise au point (lumière, couleurs, réflexion, zone d’ombres,
architecture, localisation des concessions,…). L’approche de la population
représente une partie fastidieuse de la méthodologie. Elle est pourtant
fondamentale en ce sens qu’elle conditionne non seulement le résultat
photographique mais aussi le contenu scientifique révélé par l’image.
Cette première approche est aussitôt complétée par l’observation in situ (famille
au sens large) sans s’adonner dans l’immédiat à la pratique de la photographie.
La présentation des motivations aux populations concernées est essentielle afin
RIMD – n° 1 – 2011
observable. Tel que le souligne Marcel Mauss, le corps est une expression de
l’être à part entière :
« Le corps est le premier et le plus naturel instrument de l’homme. Ou plus
exactement, sans parler d’instrument, le premier et le plus naturel objet
technique, et en même temps moyen technique, de l’homme, c’est son corps. »
(Mauss, 1950 : 372).
La photographie, lorsqu’elle est pratiquée comme méthode ethnographique,
c’est-à-dire lorsqu’elle est pensée comme un lien, une relation sociale entre soi et
le sujet, contribue à favoriser la connaissance anthropologique. L’approche
ethnographique développée place le photographe dans une sphère de
représentation ayant pour conséquence de le légitimer. C’est de cette légitimité,
résultant de la technique photographique et de la méthode d’approche du sujet,
dont dépendront la qualité de l’observation et donc la teneur des informations
recueillies. La pratique de la photographie s’inscrit désormais dans une relation
d’échange et constitue un lien avec le sujet établi sur une relation de confiance.
Ceci d’autant plus que la photographie comme support ethnographique présente
un intérêt lorsque le sujet est spontané et celui-ci ne peut l’être que s’il est
engagé dans une relation de confiance. Ainsi, un champ d’observation refusé à
« l’observateur commun » s’ouvre à l’anthropologue. Pensée dans un système
d’échange reposant sur une relation de qualité déterminée par la confiance, la
photographie devient un lien entre le photographe et son sujet et constitue une
approche anthropologique en tant qu’outil d’observation spécifique et privilégié :
la photographie advient un document ethnographique.
Ainsi, c’est la confiance accordée par le sujet et son entourage vis-à-vis de
l’ethno-photographe qui conditionne la qualité scientifique des images
photographiques. En effet, une photographie réussie et donc porteuse
d’informations ethnographiques sous-entend la confiance du sujet dans le travail
du photographe et donc l’acceptation de sa présence au sein de l’environnement
immédiat (sujet et relations de proximité) et de l’environnement au sens large
(présence dans le quartier, le village).
La technique photographique
Au sein d’une étude anthropologique, c’est le contexte de production et le
contenu informatif de l’image qui intéressent le chercheur. Le contenu informatif
du document dépend des choix et de la liberté de l’anthropologue de
photographier tout évènement caractéristique de la vie sociale. Afin de m’assurer
cette liberté d’action, la réalisation de repérages dans les quartiers qui font l’objet
de recherches s’est avérée être essentielle. Ces repérages consistent, dans un
premier temps, à prendre contact avec la population, puis dans un second temps,
à identifier les spécificités architecturales des quartiers retenus afin d’évaluer les
conditions de mise au point (lumière, couleurs, réflexion, zone d’ombres,
architecture, localisation des concessions,…). L’approche de la population
représente une partie fastidieuse de la méthodologie. Elle est pourtant
fondamentale en ce sens qu’elle conditionne non seulement le résultat
photographique mais aussi le contenu scientifique révélé par l’image.
Cette première approche est aussitôt complétée par l’observation in situ (famille
au sens large) sans s’adonner dans l’immédiat à la pratique de la photographie.
La présentation des motivations aux populations concernées est essentielle afin
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