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130 | La pauvreté au Sénégal et en Éthiopie
pour s’impliquer plus qu’il ne le veut, ni trop loin pour ne pas devenir étranger à
la relation. Être vu et voir tout en étant oublié.
Le contenu scientifique de l’image photographique dans le cadre de
recherches anthropologiques
Les difficultés survenant de la reproduction photographique des phénomènes
témoins de la réalité sociale et culturelle sont bien réelles. La réalité de
l’observation proposée par le support photographique constitue une réalité vue
autrement, qui est restituée au spectateur d’une manière décalée. L’information
révélée par l’image relève du domaine de la réinterprétation, à la fois du vécu et
du sujet observé. L’image devient le présupposé du sujet, le sujet devenant ainsi
l’image de ce qu’il est supposé être à travers le regard de l’observateur :
l’anthropologue. L’image constitue un objet construit dans un espace temporel
particulier : le temps photographique, le cadrage photographique et le moment
étant déterminés par le photographe afin d’insister sur certains aspects de la
réalité observée. Afin de surmonter le caractère ambivalent relevant à la fois, de
l’interprétation du sujet par l’anthropologue, et de la réinterprétation du sujet par
le spectateur et de permettre à la photographie de devenir un document
ethnographique, la photographie doit être chargée de sens par rapport au sujet
observé. Ce sens est déterminé à travers l’analyse anthropologique qui
accompagne l’image photographique. C’est l’analyse qui permet de situer le
sujet dans son cadre originel et de neutraliser toute altérité résultant de
l’interprétation émotionnelle de l’image par le spectateur. De plus, l’analyse
anthropologique est nécessaire afin de décoder la symbolique contenue dans
l’image restituée au spectateur afin de supprimer tout a priori. C’est donc
l’analyse anthropologique qui permet de révéler l’observation et qui conditionne
l’accès de la photographie au statut de document ethnographique. Cela
présuppose que les images photographiques doivent insister sur le contenu
informatif du phénomène observé, contenu qui sera signifié à travers l’analyse
anthropologique du document. Ainsi l’image photographique devient un moyen
d’expression de la réalité observée en suscitant un processus explicatif du
phénomène observé dans sa culture d’origine. L’image devient donc un lien entre
la culture originelle présupposée du sujet qui est expliquée puis révélée par
l’analyse anthropologique au spectateur. C’est selon ce principe qu’elle
constitue, en tant que support de connaissance des phénomènes culturels, un
document ethnographique.
Les sujets photographiques retenus pour illustrer mes recherches sont des
individus évoluant en situation de pauvreté sur leur lieu de vie. La vocation d’un
tel travail photographique est de permettre de souligner le quotidien à travers
l’observation de scènes caractéristiques de la vie quotidienne dans les quartiers
pauvres. Les images figées sur le film photographique montrent des individus
dans leurs occupations quotidiennes sur leurs lieux de vie. Les photographies
s’attachent à souligner les rôles de chacun au sein de la société qu’ils occupent.
Ce travail photographique reflète l’une des formes manifestes que revêt le vécu
de la pauvreté en insistant sur les manifestations de la vie sociale en tant que
témoignage. Mes travaux photographiques contribuent à établir l’idée d’une
expression culturelle de la pauvreté se manifestant également à travers le langage
physique et social du corps.
RIMD – n° 1 – 2011
pour s’impliquer plus qu’il ne le veut, ni trop loin pour ne pas devenir étranger à
la relation. Être vu et voir tout en étant oublié.
Le contenu scientifique de l’image photographique dans le cadre de
recherches anthropologiques
Les difficultés survenant de la reproduction photographique des phénomènes
témoins de la réalité sociale et culturelle sont bien réelles. La réalité de
l’observation proposée par le support photographique constitue une réalité vue
autrement, qui est restituée au spectateur d’une manière décalée. L’information
révélée par l’image relève du domaine de la réinterprétation, à la fois du vécu et
du sujet observé. L’image devient le présupposé du sujet, le sujet devenant ainsi
l’image de ce qu’il est supposé être à travers le regard de l’observateur :
l’anthropologue. L’image constitue un objet construit dans un espace temporel
particulier : le temps photographique, le cadrage photographique et le moment
étant déterminés par le photographe afin d’insister sur certains aspects de la
réalité observée. Afin de surmonter le caractère ambivalent relevant à la fois, de
l’interprétation du sujet par l’anthropologue, et de la réinterprétation du sujet par
le spectateur et de permettre à la photographie de devenir un document
ethnographique, la photographie doit être chargée de sens par rapport au sujet
observé. Ce sens est déterminé à travers l’analyse anthropologique qui
accompagne l’image photographique. C’est l’analyse qui permet de situer le
sujet dans son cadre originel et de neutraliser toute altérité résultant de
l’interprétation émotionnelle de l’image par le spectateur. De plus, l’analyse
anthropologique est nécessaire afin de décoder la symbolique contenue dans
l’image restituée au spectateur afin de supprimer tout a priori. C’est donc
l’analyse anthropologique qui permet de révéler l’observation et qui conditionne
l’accès de la photographie au statut de document ethnographique. Cela
présuppose que les images photographiques doivent insister sur le contenu
informatif du phénomène observé, contenu qui sera signifié à travers l’analyse
anthropologique du document. Ainsi l’image photographique devient un moyen
d’expression de la réalité observée en suscitant un processus explicatif du
phénomène observé dans sa culture d’origine. L’image devient donc un lien entre
la culture originelle présupposée du sujet qui est expliquée puis révélée par
l’analyse anthropologique au spectateur. C’est selon ce principe qu’elle
constitue, en tant que support de connaissance des phénomènes culturels, un
document ethnographique.
Les sujets photographiques retenus pour illustrer mes recherches sont des
individus évoluant en situation de pauvreté sur leur lieu de vie. La vocation d’un
tel travail photographique est de permettre de souligner le quotidien à travers
l’observation de scènes caractéristiques de la vie quotidienne dans les quartiers
pauvres. Les images figées sur le film photographique montrent des individus
dans leurs occupations quotidiennes sur leurs lieux de vie. Les photographies
s’attachent à souligner les rôles de chacun au sein de la société qu’ils occupent.
Ce travail photographique reflète l’une des formes manifestes que revêt le vécu
de la pauvreté en insistant sur les manifestations de la vie sociale en tant que
témoignage. Mes travaux photographiques contribuent à établir l’idée d’une
expression culturelle de la pauvreté se manifestant également à travers le langage
physique et social du corps.
RIMD – n° 1 – 2011

