Page 175 - RIMD_2011-2
P. 175
Revue de l’Institut du Monde et du Développement | 175
2
los reclusos una educación adecuada a la cual tienen derecho » , señala Hugo
Rangel. Cette prédiction est à nouveau renforcée par le Rapporteur officiel sur
les droits à l’éducation de l’ONU, dans son rapport sur l’éducation en prison
présenté en avril 2009. Dans ce rapport, il est noté qu’un nombre incommensu-
rable de détenus provient des couches les plus pauvres de la société, souvent
marginalisées et discriminées. Et selon les estimations, 30 % de ce groupe souf-
friraient de déficiences cognitives importantes. […] Au niveau mondial, un mil-
lion de mineurs serait incarcéré et en situation d’échec scolaire. De plus, l’accès
à l’éducation n’est pas garanti pour tous les mineurs délinquants en situation de
détention. Face à ce bilan affligeant, les pays d’Amérique latine participant au
programme Eurosocial ont sollicité que l’éducation en prison soit incluse parmi
les thèmes de travail et d’échange afin de favoriser la cohésion sociale.
L’éducation en prison – entendons l’éducation dans un contexte extrêmement
marginal – lorsqu’elle est dispensée, est souvent reléguée à un rang subalterne ou
utilisée comme monnaie d’échange dans les relations conflictuelles
qu’entretiennent détenus et administration pénitentiaire.
II. Le réseau RedLECE
L’inclusion du thème « éducation en prison » au sein du programme Eurosocial a
été entérinée à travers la création de RedLECE, premier réseau intergouverne-
mental régional d’échange sur cette thématique. L’objectif de ce réseau était
d’impulser des politiques inclusives dans le champ de l’éducation en milieu
carcéral.
Soulignons que les membres de RedLECE ont circonscrit le champ de leurs
échanges de bonnes pratiques et de coopération à l’observation du public des
jeunes adultes. Mais le fait de se limiter au cadre des plus de 18 ans dans les
études réalisées par RedLECE n’entame en rien le recueil de données en matière
d’exclusion sociale comme l’indiquent les données suivantes. D’une part, 9 % de
la population jeune vit en Amérique latine. Et celle-ci est bien souvent confron-
tée au problème de l’exclusion, notamment à travers les difficultés d’accès à
l’emploi et à l’éducation. D’autre part, la population pénitentiaire d’Amérique
latine présente un fort pourcentage de jeunes en conflit avec la loi. En Argentine
par exemple, les détenus de dix-huit à vingt-neuf ans représentent 45,5 % du
total de la population carcérale ; au Brésil, le nombre atteint 59 % et en Uruguay
il dépasse 60 % du total de la population carcérale.
En prison, plusieurs défis sont à relever afin de rendre l’acte éducatif effectif. Et
nous ne parlerons même pas d’efficience à ce stade. Allons plus loin et soyons
quelque peu provocateurs en nous demandant comment réussir à garantir une
2 (…) Cette situation serait un obstacle important aux services à offrir aux détenus. En particulier, il
serait bien difficile d’offrir une éducation adaptée aux prisonniers qui, pourtant, y ont droit.
RIMD – n o 2 – 2011
2
los reclusos una educación adecuada a la cual tienen derecho » , señala Hugo
Rangel. Cette prédiction est à nouveau renforcée par le Rapporteur officiel sur
les droits à l’éducation de l’ONU, dans son rapport sur l’éducation en prison
présenté en avril 2009. Dans ce rapport, il est noté qu’un nombre incommensu-
rable de détenus provient des couches les plus pauvres de la société, souvent
marginalisées et discriminées. Et selon les estimations, 30 % de ce groupe souf-
friraient de déficiences cognitives importantes. […] Au niveau mondial, un mil-
lion de mineurs serait incarcéré et en situation d’échec scolaire. De plus, l’accès
à l’éducation n’est pas garanti pour tous les mineurs délinquants en situation de
détention. Face à ce bilan affligeant, les pays d’Amérique latine participant au
programme Eurosocial ont sollicité que l’éducation en prison soit incluse parmi
les thèmes de travail et d’échange afin de favoriser la cohésion sociale.
L’éducation en prison – entendons l’éducation dans un contexte extrêmement
marginal – lorsqu’elle est dispensée, est souvent reléguée à un rang subalterne ou
utilisée comme monnaie d’échange dans les relations conflictuelles
qu’entretiennent détenus et administration pénitentiaire.
II. Le réseau RedLECE
L’inclusion du thème « éducation en prison » au sein du programme Eurosocial a
été entérinée à travers la création de RedLECE, premier réseau intergouverne-
mental régional d’échange sur cette thématique. L’objectif de ce réseau était
d’impulser des politiques inclusives dans le champ de l’éducation en milieu
carcéral.
Soulignons que les membres de RedLECE ont circonscrit le champ de leurs
échanges de bonnes pratiques et de coopération à l’observation du public des
jeunes adultes. Mais le fait de se limiter au cadre des plus de 18 ans dans les
études réalisées par RedLECE n’entame en rien le recueil de données en matière
d’exclusion sociale comme l’indiquent les données suivantes. D’une part, 9 % de
la population jeune vit en Amérique latine. Et celle-ci est bien souvent confron-
tée au problème de l’exclusion, notamment à travers les difficultés d’accès à
l’emploi et à l’éducation. D’autre part, la population pénitentiaire d’Amérique
latine présente un fort pourcentage de jeunes en conflit avec la loi. En Argentine
par exemple, les détenus de dix-huit à vingt-neuf ans représentent 45,5 % du
total de la population carcérale ; au Brésil, le nombre atteint 59 % et en Uruguay
il dépasse 60 % du total de la population carcérale.
En prison, plusieurs défis sont à relever afin de rendre l’acte éducatif effectif. Et
nous ne parlerons même pas d’efficience à ce stade. Allons plus loin et soyons
quelque peu provocateurs en nous demandant comment réussir à garantir une
2 (…) Cette situation serait un obstacle important aux services à offrir aux détenus. En particulier, il
serait bien difficile d’offrir une éducation adaptée aux prisonniers qui, pourtant, y ont droit.
RIMD – n o 2 – 2011

