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164 R e v u ed el ’ I n s t i t u td uM o n d ee td udéveloppement
distincts. un premier niveau est illustré par une coopération entre la col-
lectivité locale et l’état national (du pays d’accueil, dans le cas présent la
France). Il est urgent que la problématique en termes de capacité humaine
et financière à prendre en charge les MIE au niveau des départements soit
repensée avec les autorités au plus haut niveau de l’état. Ceci est essentiel
afin de permettre aux départements d’assurer la prise en charge des MIE
dans des conditions adéquates.
un second niveau relève d’une coopération entre les départements accueil-
lant les MIE avec les départements ou régions d’origine des MIE. Cette
coopération est essentielle afin de permettre une meilleure identification
et compréhension des causes motivant l’immigration clandestine. La coo-
pération décentralisée pourrait apporter des éléments de réponse partielle
à la problématique des MIE en améliorant, par exemple, le niveau de vie
des populations installées dans des régions défavorisées à travers la mise
en œuvre de projets de lutte contre la pauvreté et de pacification de zones
victimes de conflits.
Enfin, un troisième niveau de coopération relève de politiques publiques
de coopération internationale entre le pays d’accueil et le pays d’origine.
Ce niveau de coopération est essentiel afin de donner une portée nationale
à des projets menés au niveau local via la coopération décentralisée. Par
ailleurs, la problématique des MIE nécessite une amélioration des capacités
de gouvernance des pays d’origine et une intensification de la lutte contre
les trafics d’enfants initiés par les groupes mafieux.
Or ce type d’action nécessite une coopération bilatérale et multilatérale
(impliquant les agences spécialisées) afin de mener des projets d’envergure
nationale dans les pays d’origine. La coopération au développement pour-
rait apporter une réponse tout du moins partielle à la problématique des
MIE en France, mais aussi plus largement en Europe. En effet, à travers le
développement économique et social des pays d’origine, la résolution des
13
conflits armés et le renforcement de capacité des états dans le domaine de
l’action sociale des pays d’origine des MIE constitueraient autant de solu-
tions partielles non négligeables.
Pour ce faire, la problématique des MIE devrait faire l’objet d’une réelle prise
en compte spécifique dans le cadre de l’élaboration de politiques publiques
de coopération entre les bailleurs de fonds et les états récipiendaires de
l’aide au développement. une partie des financements pourrait être assu-
rée par les bailleurs de fonds multilatéraux et/ou éventuellement prise en
charge dans le cadre de politiques de coopération bilatérale. Dans tous les
cas, le traitement de cette problématique ne doit pas être exclusivement
pensé et mis en œuvre au niveau local dans le pays d’accueil à savoir au ni-
veau de la collectivité ayant pour compétence de prendre en charge les MIE.
13 En Afrique subsaharienne notamment.
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distincts. un premier niveau est illustré par une coopération entre la col-
lectivité locale et l’état national (du pays d’accueil, dans le cas présent la
France). Il est urgent que la problématique en termes de capacité humaine
et financière à prendre en charge les MIE au niveau des départements soit
repensée avec les autorités au plus haut niveau de l’état. Ceci est essentiel
afin de permettre aux départements d’assurer la prise en charge des MIE
dans des conditions adéquates.
un second niveau relève d’une coopération entre les départements accueil-
lant les MIE avec les départements ou régions d’origine des MIE. Cette
coopération est essentielle afin de permettre une meilleure identification
et compréhension des causes motivant l’immigration clandestine. La coo-
pération décentralisée pourrait apporter des éléments de réponse partielle
à la problématique des MIE en améliorant, par exemple, le niveau de vie
des populations installées dans des régions défavorisées à travers la mise
en œuvre de projets de lutte contre la pauvreté et de pacification de zones
victimes de conflits.
Enfin, un troisième niveau de coopération relève de politiques publiques
de coopération internationale entre le pays d’accueil et le pays d’origine.
Ce niveau de coopération est essentiel afin de donner une portée nationale
à des projets menés au niveau local via la coopération décentralisée. Par
ailleurs, la problématique des MIE nécessite une amélioration des capacités
de gouvernance des pays d’origine et une intensification de la lutte contre
les trafics d’enfants initiés par les groupes mafieux.
Or ce type d’action nécessite une coopération bilatérale et multilatérale
(impliquant les agences spécialisées) afin de mener des projets d’envergure
nationale dans les pays d’origine. La coopération au développement pour-
rait apporter une réponse tout du moins partielle à la problématique des
MIE en France, mais aussi plus largement en Europe. En effet, à travers le
développement économique et social des pays d’origine, la résolution des
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conflits armés et le renforcement de capacité des états dans le domaine de
l’action sociale des pays d’origine des MIE constitueraient autant de solu-
tions partielles non négligeables.
Pour ce faire, la problématique des MIE devrait faire l’objet d’une réelle prise
en compte spécifique dans le cadre de l’élaboration de politiques publiques
de coopération entre les bailleurs de fonds et les états récipiendaires de
l’aide au développement. une partie des financements pourrait être assu-
rée par les bailleurs de fonds multilatéraux et/ou éventuellement prise en
charge dans le cadre de politiques de coopération bilatérale. Dans tous les
cas, le traitement de cette problématique ne doit pas être exclusivement
pensé et mis en œuvre au niveau local dans le pays d’accueil à savoir au ni-
veau de la collectivité ayant pour compétence de prendre en charge les MIE.
13 En Afrique subsaharienne notamment.
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