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154 R e v u ed el ’ I n s t i t u td uM o n d ee td udéveloppement
le département de l’Ain et de 525 euros dans le département de l’Aude. En
Guyane, Guadeloupe, Martinique et la Réunion, l’aide variait entre 533
4
(Guyane) et 838 euros (la Réunion) . Le montant de l’aide distribué par dé-
partement dépend, certes, de son contexte économique local, néanmoins,
une étude du ministère de l’économie montre que 16 % de la décision dé-
pend du choix discrétionnaire du conseil général.
Il convient de noter qu’en France, on assiste, ces dernières années, à un
changement de paradigme face à l’organisation et la structure des politiques
sociales. Historiquement, la tendance était à une forte spécialisation, voire
hyperspécialisation, des politiques sociales. Mais face aux nouveaux défis
(et notamment les problèmes financiers), on observe une évolution vers
une approche plus intégrée et l’apparition des politiques transversales. Les
politiques sociales transversales ont été progressivement mises en place en
complément des politiques traditionnelles jugées inefficaces et stigmati-
santes pour prendre en compte l’interdépendance des déterminants indivi-
duels et collectifs de la pauvreté et de l’exclusion. Au niveau central, ces po-
litiques sont interministérielles et au niveau local, elles sont partenariales.
Elles ciblent des populations aux contours flous, plus nombreuses et plus
hétérogènes pour lesquelles les professionnels vont développer l’accompa-
gnement individualisé et contractualisé.
En prenant en compte cette nouvelle approche, on considère qu’il existe
quatre types de politiques sociales transversales : 1) les politiques d’inser-
tion ; 2) les politiques territoriales (décloisonne l’approche urbaine et l’ap-
proche sociale) ; 3) les politiques d’accueil, d’intégration et de lutte contre
les discriminations ; 4) les politiques d’accès aux droits, fondées sur l’obli-
gation de la solidarité nationale à l’égard des plus démunis et sur l’idée qu’il
ne faut pas créer un droit des exclus, mais garantir l’accès de tous aux droits
fondamentaux (Barrès et al. 2010).
§ 5 – Bâtir un système d’information viable et complet pour mieux servir
l’action sociale
Pour avoir un système d’action sociale efficace, il est important de disposer
d’informations exhaustives et fiables sur les principaux indicateurs des iné-
galités et leur évolution dans le temps.
En 2009, à l’initiative du Conseil national de l’information statistique, un
groupe de travail spécifique a été créé, dont l’objectif était de définir un
socle de base des « indicateurs sociaux départementaux » qui permet-
traient de ressembler les informations nécessaires au pilotage de l’action
sociale départementale. Ces informations servent également de base pour
des échanges et des discussions entre les échelons de pouvoir centraux et
4 Ministère de l’Intérieur, Direction générale des collectivités locales, cité par Observatoire
des inégalités.
o
RIMD–n 4–2013
le département de l’Ain et de 525 euros dans le département de l’Aude. En
Guyane, Guadeloupe, Martinique et la Réunion, l’aide variait entre 533
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(Guyane) et 838 euros (la Réunion) . Le montant de l’aide distribué par dé-
partement dépend, certes, de son contexte économique local, néanmoins,
une étude du ministère de l’économie montre que 16 % de la décision dé-
pend du choix discrétionnaire du conseil général.
Il convient de noter qu’en France, on assiste, ces dernières années, à un
changement de paradigme face à l’organisation et la structure des politiques
sociales. Historiquement, la tendance était à une forte spécialisation, voire
hyperspécialisation, des politiques sociales. Mais face aux nouveaux défis
(et notamment les problèmes financiers), on observe une évolution vers
une approche plus intégrée et l’apparition des politiques transversales. Les
politiques sociales transversales ont été progressivement mises en place en
complément des politiques traditionnelles jugées inefficaces et stigmati-
santes pour prendre en compte l’interdépendance des déterminants indivi-
duels et collectifs de la pauvreté et de l’exclusion. Au niveau central, ces po-
litiques sont interministérielles et au niveau local, elles sont partenariales.
Elles ciblent des populations aux contours flous, plus nombreuses et plus
hétérogènes pour lesquelles les professionnels vont développer l’accompa-
gnement individualisé et contractualisé.
En prenant en compte cette nouvelle approche, on considère qu’il existe
quatre types de politiques sociales transversales : 1) les politiques d’inser-
tion ; 2) les politiques territoriales (décloisonne l’approche urbaine et l’ap-
proche sociale) ; 3) les politiques d’accueil, d’intégration et de lutte contre
les discriminations ; 4) les politiques d’accès aux droits, fondées sur l’obli-
gation de la solidarité nationale à l’égard des plus démunis et sur l’idée qu’il
ne faut pas créer un droit des exclus, mais garantir l’accès de tous aux droits
fondamentaux (Barrès et al. 2010).
§ 5 – Bâtir un système d’information viable et complet pour mieux servir
l’action sociale
Pour avoir un système d’action sociale efficace, il est important de disposer
d’informations exhaustives et fiables sur les principaux indicateurs des iné-
galités et leur évolution dans le temps.
En 2009, à l’initiative du Conseil national de l’information statistique, un
groupe de travail spécifique a été créé, dont l’objectif était de définir un
socle de base des « indicateurs sociaux départementaux » qui permet-
traient de ressembler les informations nécessaires au pilotage de l’action
sociale départementale. Ces informations servent également de base pour
des échanges et des discussions entre les échelons de pouvoir centraux et
4 Ministère de l’Intérieur, Direction générale des collectivités locales, cité par Observatoire
des inégalités.
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