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revenu et de patrimoine. Cet objectif devient la cible principale de l’inter-
vention de l’état. Cette politique se manifeste par la mise en place d’un vaste
système des prestations sociales (allocations familiales ou remboursement
des frais médicaux pour tous par exemple). Les critères de distribution de
ces prestations tiennent compte des ressources de chacun, en demandant
ainsi à ceux qui ont un revenu élevé de financer les revenus les plus bas. De
nos jours, la quasi-totalité des prestations sociales est ainsi distribuée.
En ce qui concerne l’ampleur des inégalités de revenu en France, elle reste
encore relativement importante, bien qu’étant en dessous de celle obser-
vée dans certains pays voisins. À titre d’exemple, l’indice de Gini s’élève en
France à 33, alors qu’il est de 28 en Allemagne, de 27 en Finlande ou de 26
en Norvège, en République tchèque et en Slovaquie. Cependant, en Italie
et Royaume-uni, il atteint 36, ou encore 38 en Portugal et 33 en Belgique.
Si l’on analyse l’évolution des inégalités dans le temps, on constate une aug-
mentation ces dernières années. Les inégalités de revenu, bien qu’en baisse
importante depuis les années 1970, se montrent en légère, mais constante
augmentation depuis les dix dernières années. Si l’on prend comme mesure
« le rapport interdécile », indicateur le plus souvent utilisé pour mesurer
les inégalités économiques et qui représente le rapport entre le revenu des
10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres, on constate qu’il est passé
de 4,6 en 1970 à 3,2 en 2005, pour ensuite augmenter jusqu’à 3,4 en 2009.
Depuis les années 1970, la baisse la plus importante a été enregistrée entre
1970 et 1979, passant de 4,6 à 3,5 ; ce taux oscillait ensuite entre 3,5 et 3,2
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entre 1980 et 2009 . Pour le taux de pauvreté, on observe des tendances
similaires.
Le taux de pauvreté, défini comme un pourcentage de la population avec
un revenu inférieur aux 60 % du revenu médian national, soit 954 euros,
s’élève aujourd’hui à 13,5 %, soit 4,5 millions d’habitants (Insee 2009). Ce
chiffre a beaucoup baissé depuis les années 1970, passant de 17,9 % en 1970
à 13,6 % en 1984. Il a ensuite oscillé entre 14,5 % et 12,6 % de 1990 à 2009.
Depuis 2004, son niveau est en légère augmentation, passant de 12,6 % à
l’actuel taux de 13,5 %.
Ces tendances nationales cachent cependant la diversité des situations
entre territoires. Pourtant ces dernières peuvent parfois passer du simple
au double, comme c’est le cas dans la région Île-de-France, avec un taux
de pauvreté de 21,5 % en Seine-Saint-Denis, contre 7,3 % en yvelines et
10,1 % en Hauts-de-Seine. Ce même indicateur s’élève à 13,9 % en moyenne
à Paris, alors qu’il est de 20 % en Corse. La pauvreté est également plus forte
en milieu urbain (14,4 %) qu’en milieu rural (12,9 %).
D’autre part, les inégalités de revenus entre sexes restent aussi assez préoc-
cupantes. En France, les femmes gagnent en moyenne 20 % moins que les
hommes. L’écart de salaire mensuel moyen net s’élève à 445 euros (2 221 eu-
2 Observatoire des inégalités : www.inegalites.fr.
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